LA DOUBLE ET  LE LANDAIS

Cette région au relief doux se singularise par ses deux petites régions très originales de part et d’autre de la vallée de l’Isle : la Double au nord et le Landais au sud. Cette originalité est due à l’accumulation, au tertiaire, d’importants dépôts fluviatiles en provenance des régions cristallines. Cet épandage composé de sables, de graviers et de nappes d’argiles a induit des sols acides, pauvres et imperméables. Beaucoup de terrains sont de véritables mouillères (nauves) pendant la saison humide tandis qu’ils se craquellent à la saison sèche. Ces terres peu fertiles et difficiles expliquent la vocation sylvicole de ces régions. Elles forment de vastes massifs forestiers, modelés par l’activité humaine et troués de clairières où domine l’élevage. La quiétude de ces contrées boisées, parcourues par un chevelu dense de ruisseaux, parsemées d’innombrables étangs et de nombreuses landes atlantiques à bruyères humides, donne un intérêt patrimonial tout particulier à ces régions.

À l’inverse, la large vallée de l’Isle constitue une région attractive investie par l’agriculture et l’habitat. Axe majeur de communication, la rivière fut l’un des piliers du développement socio-économique du territoire et a été fortement aménagée.

Evolution paysagère de la Double et le Landais

Au XIXe siècle, les zones forestières, couvertes aux deux tiers de bois et de landes se distinguent nettement des régions cultivées plus fertiles. Ces dernières se couvrent alors de quelques beaux vignobles sous l’influence du Bergeracois et du Libournais. Au XXe siècle, l’élevage puis plus récemment la céréaliculture s’y développent sans pour autant enrayer la déprise agricole des terres les plus difficiles.

Quant aux secteurs forestiers, ils se composent alors essentiellement de feuillus (chênes, taillis de châtaigniers) et de quelques pinèdes notamment dans le Landais.

L’importante surface des landes à bruyères résulte de la lente déforestation opérée avant le XIXe siècle et trouve son utilisation dans une agriculture traditionnelle liée à l’élevage jusqu’à la moitié du XXe. Au cours du XXe siècle, la vocation sylvicole va s’affirmer et s’orienter vers la production de pins maritimes. La progression de la surface forestière au détriment des zones agricoles extensives et des landes contribue à une certaine banalisation de la diversité biologique de cette région.